Expérimentation d’une méthode novatrice visant à promouvoir l’apprentissage chez les adultes canadiens à faible revenu

2 novembre 2010
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La Société de recherche sociale appliquée (SRSA) a publié aujourd’hui les résultats finals du projet de démonstration $avoir en banque, qui mesurait l’efficacité de comptes individuels de développement (CID) comme outil de promotion de l’éducation des adultes et du démarrage de petites entreprises auprès de bas salariés canadiens.

Conscients que ceux qui n’ont ni une éducation suffisante, ni les compétences de base sont confrontés à des salaires inférieurs et à un risque plus élevé de chômage, les gouvernements canadiens cherchent depuis longtemps de nouvelles façons de favoriser l’éducation et la formation des adultes dans les populations vulnérables.

Le projet $avoir en banque, basé sur le concept d’acquisition des actifs des comptes individuels de développement développé aux États-Unis, a été conçu par Social and Enterprise Development Innovations (www.sedi.org). Les CID s’apparentent à un compte d’épargne habituel, les titulaires recevant une subvention de contrepartie pour chaque dollar déposé. Pour profiter de cette subvention, l’épargne doit servir à acquérir des actifs admissibles. Le projet $avoir en banque, quant à lui, privilégiait le capital humain. La subvention de contrepartie pouvait être utilisée seulement aux fins d’études, de formation ou du démarrage d’une petite entreprise.

Au milieu des années 2000, Ressources humaines et Développement des compétences Canada a décidé d’effectuer un essai pilote de $avoir en banque et a demandé à la SRSA d’évaluer cette nouvelle méthode.

En ce qui a trait aux CID de $avoir en banque, les participants recevaient 3 $ en crédits virtuels pour chaque dollar épargné, jusqu’à concurrence de 1 500 $ sur une période de trois ans – c’est-à-dire qu’ils pouvaient accumuler jusqu’à 6 000 $ aux fins d’études, de formation ou de démarrage d’une petite entreprise. Le projet s’est déroulé dans dix collectivités représentant un éventail de zones urbaines et de collectivités rurales de taille moyenne et grande, et faisait appel à quelque 4 800 Canadiens à faible revenu.

Le rapport révèle que $avoir en banque a contribué à accroître les inscriptions à l’éducation des adultes : « Comparativement au comportement des participants en l’absence du programme, nous constatons que $avoir en banque a entraîné une hausse des études et de la formation », a expliqué Norm Leckie, directeur de projet à la SRSA. L’un des résultats les plus marquants du projet touche les inscriptions à des programmes d’éducation menant à un certificat ou à un diplôme : $avoir en banque a fait grimpé la participation à de tels programmes de 23 %. De plus, certains des impacts les plus importants ont été recensés chez les participants ayant le revenu du ménage le plus faible.

Même si $avoir en banque a augmenté considérablement les taux de participation aux études et à la formation, ainsi que le travail indépendant par l’intermédiaire du démarrage de microentreprises, l’analyse effectuée par la SRSA laisse entrevoir que le lancement d’un tel programme à l’échelle serait assez coûteux. Toutefois, le rapport soutient que l’efficacité en fonction du coût pourrait être améliorée en apportant quelques changements dans la conception et la prestation du programme.

L’inclusion d’un groupe témoin dans l’évaluation, ayant permis aux chercheurs de constater ce qui se serait passé en l’absence du programme, distingue $avoir en banque de la plupart des autres programmes de CID mis en œuvre par le passé au Canada et aux États-Unis. Par exemple, de nombreux membres de ce groupe, qui n’ont pas profité des incitatifs de $avoir en banque, se sont néanmoins inscrits à des études ou à de la formation au cours du projet. La différence établie par $avoir en banque a été mesurée à partir de ce contrefactuel comme base de comparaison. L’utilisation du taux d’inscription enregistré avant l’entrée en vigueur de $avoir en banque n’estimerait pas précisément cette différence. « Nous apprécions l’utilité de méthodes rigoureuses d’assignation aléatoire pour différencier les impacts réels des programmes des résultats découlant d’une simple question de temps ou d’expérience », a noté Jean-Pierre Voyer, président de la SRSA.


Pour plus de renseignements sur $avoir en banque : 

Norm Leckie
Directeur de projet, SRSA
613-789-9656 / nleckie@srdc.org 

Jean-Pierre Voyer
Président et chef de la direction, SRSA
613-237-3169 / jpvoyer@srdc.org