Aider les personnes handicapées qui ont une capacité de travail intermittente

13 mai 2011
Intermittentwork

Les personnes handicapées sont beaucoup plus portées à être sans emploi que les Canadiens non handicapés, pour des motifs directement liés à leur invalidité et hors de leur contrôle. Par conséquent, leurs revenus sont généralement très inférieurs et bon nombre dépendent des prestations d’invalidité offertes par les programmes de soutien du revenu.

Pourtant, un nombre considérable de Canadiens handicapés sont disposés et aptes à travailler – si ce n’est à temps plein, à tout le moins de façon intermittente. Certaines conditions, telles que la sclérose en plaques, l’arthrite, le VIH, certains troubles de santé mentale et autres comportent des symptômes qui sont considérés comme «épisodiques», en vertu desquels des périodes de bonne santé sont interrompues – souvent de manière imprévisible – par des périodes de maladie ou d’invalidité qui compromettent la capacité de la personne d’occuper un emploi. Dans d’autres cas, les personnes présentant des symptômes plus stables peuvent travailler pendant certaines périodes de temps,  à condition de bénéficier des soutiens appropriés.

Le gouvernement du Canada est intéressé à mettre au point des outils pour aider les personnes handicapées qui  peuvent travailler de manière intermittente à le faire.  Faire en sorte qu’un plus grand nombre de personnes handicapées puissent demeurer sur le marché du travail permettra au Canada de composer avec une pénurie anticipée de main-d’œuvre qualifiée, et offrira aux personnes handicapées l’occasion de bénéficier des avantages d’un emploi, notamment se sentir plus inclus dans la société et améliorer leur qualité de vie.

Ressources humaines et Développement des compétences Canada a commandé cette  recherche pour mieux comprendre pourquoi certaines personnes handicapées en Ontario  qui ont une capacité de travail intermittente continuent de travailler, tandis que d’autres présentant un handicap similaire se découragent et délaissent le marché du travail. Le projet avait pour objectif de déterminer les conditions, les services de soutien et les pratiques des employeurs qui motivent les personnes handicapées ayant une capacité de travail intermittente à continuer d’occuper un emploi.

La SRSA a effectué des analyses documentaires et mené des entrevues auprès de personnes intéressées à l’invalidité et à l’emploi, telles que les décideurs, les fournisseurs de services et les défenseurs de communautés. Les chercheurs ont animé des groupes de discussion  composés de personnes handicapées à plusieurs endroits en Ontario et par téléconférence. De plus, ils ont demandé à d’autres personnes de leur écrire des témoignages de leurs expériences de retour au travail. L’étude  a porté sur les expériences des personnes handicapées en Ontario qui ne peuvent travailler à temps plein et qui ont une certaine expérience d’emploi.

Les chercheurs de la SRSA ont constaté, dans une certaine mesure, que les dernières réformes du régime de soutien du revenu abordent les besoins des personnes handicapées qui peuvent travailler de manière intermittente, et peuvent les aider à accéder à un emploi.

Les caractéristiques clés du régime comprennent le fait de pouvoir faire rétablir les avantages rapidement après une maladie et d’avoir accès à certaines prestations de santé si un employeur est incapable de les offrir. Cependant, certaines personnes qui ont participé à l’étude n’étaient pas au courant de ces caractéristiques et bon nombre d’elles ont soutenu qu’il demeure un nombre de contre-incitations intrinsèques au travail.

En outre, quelques participants se sont souciés du fait que les programmes d’aide à l’emploi ontariens ont récemment opté pour un modèle de financement en fonction des résultats, ce qui, selon les participants, empêche de nombreuses personnes handicapées de bénéficier  des formules de soutien dont elles ont besoin pour surmonter plusieurs obstacles structurels qui entravent leur accès au marché du travail.  Dans le même ordre d’idées, bon nombre de participants ont déclaré qu’ils  sont toujours confrontés à la stigmatisation et à la discrimination dans leur milieu de travail, et ne bénéficient pas des mesures d’adaptation dont elles ont besoin pour bien accomplir leurs tâches.

D’après la documentation à l’appui et les expériences des personnes visées par l’étude, les auteurs du rapport final traitant de la question concluent que la probabilité d’occuper un emploi prolongé (à long terme) est directement liée à trois facteurs : 1) le degré de contrôle que les personnes exercent sur la divulgation de leur invalidité; 2) la question de savoir si, oui ou non, elles ont toujours un emploi à réintégrer; 3) la question de savoir si elles bénéficient ou non des mesures d’adaptation appropriées dans leur milieu de travail.

Lisez le rapport en anglais. (Le texte français sera publié à l'automne 2011.)

Lisez le résumé du rapport en anglais. (Le texte français sera publié à l'automne 2011.)


Renseignements

Heather Smith Fowler, associée principale de recherche, SRSA 
613-237-7444 / hsmithfowler@srdc.org